Les chercheurs de l'Inra viennent de confirmer le rôle du thiaméthoxame, employé pour protéger les cultures, dans la disparition massive des colonies d'abeilles en soumettant un panel de butineuses à une très faible dose de ce poison.Calquée sur les études cliniques, la méthode utilisée vient d'être publiée dans la revue « Science » : plus de 650 abeilles ont été équipées de micropuces RFID permettant de contrôler individuellement leurs allers et venues dans une ruche.
La moitié de l'échantillon a été nourrie avec une solution sucrée contenant la dose équivalente à celle qu'elles peuvent rencontrer sur des cultures traitées. Les autres ont reçu un placebo.
Relâchées à 1 kilomètre de la ruche, la plupart des insectes traités ont été désorientés au point de perdre le chemin du retour.
Cette perturbation de la boussole interne de l'insecte a tué jusqu'à trois fois plus de butineuses que le taux normal de mortalité.
Déstabilisées et stressées, elles seraient en outre plus vulnérables à d'autres pathogènes (varroa, nosema, virus...).
La molécule incriminée est toujours autorisée en France sous le nom de Cruiser.